Dernière minute : succombant à la campagne de jérémiades orchestrée en sous-main par Hobopok Dimanche, France 2 a décidé de diffuser la finale du championnat du monde de handball opposant la France à la Croatie (je sais, on ne connaît pas officiellement l'adversaire de la France à l'heure où j'écris ces lignes, mais on me la fait pas). Ce sera ce dimanche, en direct à 17h30 depuis Zagreb.
30 janvier 2009
29 janvier 2009
Main ballon
Pour une fois je cause de sport et c'est pas pour moucater, mais au contraire me féliciter. Bon, non, en fait je grognonne quand même un peu (ça m'aurait étonné, aussi) qu'aucune chaîne de la TNT, et notamment aucune chaîne publique n'ait trouvé ni possible ni utile de retransmettre jusqu'ici les matchs du championnat du monde de handball (prononcer "en de balle", c'est d'origine teutonne - ainsi nommé parce qu'il se joue avec les mains quoique parfois sans ballon) en Croatie.
Mais si je me félicite, c'est à cause du blog d'un quotidien gothique en ligne concurrent, qui fait honneur au genre justement décrié du journalisme sportif, et qui, nonobstant quelques menues fautes de frippe ou approximations syntaxiques, fait un récit plein d'humour caustique et sinon curieusement bien écrit du parcours de l'équipe de France, tranchant avec le conformisme simiesque qui fait loi dans la presse spécialisée. Mentionnons donc les auteurs, pour autant que j'aie pu les identifier, Alexandre Roos et Henri Seckel. Faut se magner pour en profiter, la finale est pour dimanche. Personne de sérieux n'imagine une seule seconde que la France (championne olympique à Pékin) ne puisse pas y retrouver la Croatie. Ou bien ?
Ouopopop, où tu crois que tu vas, toi ?
Malgré les performances régulières de l'équipe de France au plus haut niveau depuis la médaille de bronze des Barjots à Barcelone en 1992, le moins qu'on puisse dire c'est que le hand est réduit à la portion télévisée congrue. Il n'y a guère que la bourle tourquennoise qui puisse se vanter d'un aussi mauvais traitement médiatique. Et pourtant, quel bouffée d'air frais ces colosses aux pieds ailés apportent au paysage audiovisuel sportif français à grands coups de coude dans l'œil des défenseurs, et pif ! et de gros scuds dans la tête des gardiens, et paf ! De quoi réveiller tous ceux qui sont lénifiés par les amabilités du foot et les gentilhommeries du rugby, sports abonnés du petit écran et qui paraissent en comparaison presque invertis. Ne parlons même pas du tennis qu'on prescrit aux insomniaques. Un match de handball, c'est comme une heure de placages de Jonah Lomu, mais à deux mètres cinquante de hauteur, sans talonnettes. Quelle tension dans ces attaques-défenses fulgurantes, au côté desquelles le basket NBA ressemble à du ping-pong joué par des jeannettes !
C'est archi télégénique, la France brille, et les télés s'en foutent. C'est à n'y rien comprendre.
28 janvier 2009
MMIX
Voilà un an que démarrait cette formidable aventure éditoriale qu'est votre blog gothique favori, dont le succès international se mesure désormais en demi-douzaines de lecteurs quotidiens, au bas mot. A vous, lecteurs fidèles ou occasionnels, meilleurs vœux pour 2009, vous en aurez tous bien besoin.
Ben quoi, on a jusqu'au 31 janvier pour adresser ses vœux, non ?
26 janvier 2009
Pompe en stock
Que le dessinateur qui n'a jamais fait un léger emprunt ici ou là lui jette la première pierre (plate ou pointue ?), mais je suis bien au regret d'annoncer que l'au demeurant excellent Brüno s'est fait choper par la patrouille d'Hobopok Dimanche pour ce vibrant hommage rendu à Hergé (mais si, vous savez, Les aventures de Tintin et Milou) dans son dernier album au demeurant pas mauvais du tout, Commando Colonial, en binôme avec l'au demeurant excellent Appollo.

Vous n'avez pas bien vu ? Je sais c'est tout petit sur Blogger. Voyons voir de plus près.

Ah oui, effectivement. Un vibrant hommage. Au demeurant.
24 janvier 2009
Los choristos
Paracuellos de Carlos Giménez.
Cette intégrale vient de sortir chez Fluide Glacial, reprenant les planches de deux albums déjà parus dans les années 80, et y ajoutant le contenu de quatre autres albums plus récents parus en Espagne mais pas de ce côté-ci des Pyrénées. Des récits courts, souvenirs d'enfance dans les internats de l'Auxilio social de l'Espagne franquiste des années 40-50.
Une édition massive de trois-cents pages, chouettement reliée avec ruban marque-ta-page, dotée d'un nouvelle couve inspirée des éditions espagnoles (où l'on peut regretter la typo manuscrite de l'auteur des précédentes éditions françaises...), imprimée sur du joli papier couché blanc cassé, et agrémentée d'une passionnante introduction de l'auteur et d'une poignée de fac-similés de crayonnés, le tout pour la modique somme de trente-cinq brouzoufs (ça peut paraître chérot, mais c'est l'équivalent de six albums de cinquante pages). Pour les afficionados, dont je suis, c'est la fiesta au pueblo !
L'Auxilio social (assistance sociale), sur le modèle d'une organisation similaire de l'Allemagne nazie, était une œuvre charitable franquiste affiliée au parti unique national-catholique de la Phalange espagnole (notez l'emblème : un joug traversé de cinq flèches). Elle avait été créée à l'origine pour venir en aide aux petites victimes de la guerre civile espagnole, et notamment aux enfants des fusillés par les troupes franquistes...
Dans les années 50, Giménez passa huit longues années dans les internats de cette institution, dépotoirs de l'enfance espagnole où se retrouvaient orphelins, indigents, bâtards, victimes de recompositions familiales, gosses de prisonniers politiques (les rouges), etc... et où les privations le disputaient aux sévices en tout genre.
Le titre Paracuellos vient de l'un de ces centres de la périphérie madrilène. Giménez ayant mis en exergue de ses premières planches le nom de chaque endroit, ce sont les lecteurs eux-mêmes qui imposèrent ce titre pour toute la série, bien qu'elle mentionne aussi d'autres établissements.

Je connaissais les premières planches parues au début des années 80 dans Fluide Glacial et rassemblées en deux albums, et benoîtement je m'étais imaginé que les histoires mises en images provenaient directement des souvenirs, voire de la fertile imagination de Giménez et hop, sur le papier ! Ouh que non, il a bossé, le bougre, invitant chez lui des anciens de l'institution autour de quelques cervoises pour des discussions à bâtons rompus qu'il enregistrait soigneusement, retaillant ensuite les personnages, croisant les anecdotes, pour aboutir aux scénarios si poignants de ses BD. Autrement dit, tout est vrai. Et des fois, ça fait un peu froid dans le dos.
Bref, l'un dans l'autre, voilà le genre d'ouvrage qui fait honneur au neuvième art (pour ceux qui savent compter jusqu'à neuf). Le dessin est d'une qualité remarquable, Giménez, passé par la dure école de l'industrie des comics espagnols (voir sa série Les professionnels), ayant de la technique à revendre, mais aussi et surtout du style, son style. Même si le trait, d'abord influencé par la tendance "hachures" en vogue au début des années 70, Bilal, Moebius, s'est progressivement épuré en même temps que tendu. Et sur le plan du récit, c'est ce que les anglo-saxons appellent avec à-propos un "page-turner" : quand j'ai entamé la première page, je n'ai plus pu lâcher le bouquin avant d'avoir terminé la dernière. Quand je pense que j'ai failli de prime abord regimber aux lettrages informatiques des quatre derniers opus (pas "dei"), ceux traduits plus récemment, ha ha ha ! je ris encore de mon impudence !
Giménez, dans son introduction, met son travail en perspective avec pertinence : si les établissements de l'Auxilio social sont à ce point violents et répressifs, ce n'est pas qu'ils constituent des îlots de non-droit au sein d'une Espagne suintant la joie de vivre, c'est au contraire qu'ils sont à l'unisson d'un pays retenant sa respiration sous la botte franquiste. Quoique parfaitement authentiques, les récits des Paracuellos et leurs portraits d'une enfance humiliée, éplorée, affamée, apprenant la cruauté d'adultes experts en la matière, mais jamais complètement désespérée, forment donc une microcosmique parabole de l'Espagne de l'époque. On en avait bien un peu l'intuition à la lecture, et c'est cette profonde humanité qui fait la force exceptionnelle de cette œuvre.
22 janvier 2009
Au plus bas des cieux
Musée de l'air et de l'espace, Le Bourget.
Impressions pour le moins mitigées après la visite de ce célèbre établissement : comme un abîme sépare la richesse invraisemblable des collections présentées et l'indigence quasi soviétique de la présentation, ne parlons même pas de scénographie. L'entrée aux collections permanentes est gratuite. Franchement, on préfèrerait payer un petit quelque chose, même une obole symbolique, au moins de quoi assurer le remplacement des ampoules qui manquent à l'éclairage de la moitié des cimaises. Très curieux de constater comment un lieu aux immenses possibilités sur un site à ce point chargé d'histoire (berceau historique d'Air France, aéroport d'atterrissage de Lindbergh...) paraît un peu laissé à l'abandon.
Et donc peu d'unité de présentation, dans cet ancien hall d'aéroport reconverti, entre les différentes époques de l'histoire du vol humain, depuis l'aérostation jusqu'à la course à l'espace. Des documents en vrac, reproductions ou originaux, on n'en sait parfois rien, des aéronefs en pièces détachés prenant la poussière au fond du hangar, une reconstitution genre décor de cinéma d'un atelier d'un pionnier de l'aviation et plus loin tout un espace consacré à Saint-Exupéry, sorte de mini exposition sponsorisée par une célèbre marque de montres d'aviateurs. Aucune cohérence, tant pour la rédaction que la pour forme, dans les textes explicatifs. Chronologie aléatoire, coq à l'âne, parcours mal fléché... Y a du boulot. A la décharge des conservateurs, reconnaissons qu'il n'est pas forcément aisé de présenter au public des dizaines de carlingues de plusieurs mètres de longueur et d'envergure chacune, mais tout de même. Et passons sur toute la partie espace à la gloire sans nuance des "partenaires" Dassault, Matra, Lagardère... Les spécialistes de la muséographie auront peut-être une explication à ce désolant état de fait. Personnellement, je suis revenu un peu désabusé. Enfin bon, mine de rien, j'y ai quand même passé tellement de temps que j'ai fait la fermeture, et j'ai pas vu l'expo Reiser et l'aviation. Blood'n'guts !
Une satisfaction tout de même : la découverte d'Albert Robida (1848-1926) , écrivain et dessinateur d'anticipation qui avait dans des ouvrages consacrés au vingtième siècle proposé une vision fantastique et prémonitoire des voyages aériens (entre autres), qui semble avoir marqué les esprits pionniers de son temps, au moins autant que les œuvres de son contemporain Jules Verne.
18 janvier 2009
Compression de personnel
Louise-Michel de Benoît Delépine et Gustave de Kervern.
Pamphlet prolétarien grolandais. Des ouvrières picardes licenciées sans façon (méfiez-vous si votre employeur vous offre sirupeusement des blouses neuves) mettent au pot leurs maigres indemnités et recrutent un (minable) tueur pour buter leur patron-voyou. Ce qui, à l'heure de capitalisme financier mondialisé, s'avère plus ardu que prévu.
Delépine et Kervern, membres de l'équipe de Groland sur Canal, mettent pour la troisième fois (après Aaltra et Avida, pas vus) leur humour ravageur au service du cinéma. Mais, peut-être par une forme de dandysme un peu dilettante, noient leur sujet, pourtant excellent, sous pas mal de facilités, redondances, et digressions scénaristiques, quelques gags tirés en longueur, et un désintérêt presque suspect pour la qualité technique de leur production. Comme s'ils se méfiaient de rendre une copie trop propre, comme si en se mettant à la portée du plus grand nombre en respectant un minimum de codes cinématographiques, ils craignaient de diluer leur venin dans un succès qui pourtant leur tendait les bras. Pudeurs levantines que n'eurent pas en leur temps les Monty Python en passant du petit au grand écran.
Le titre résulte de l'accolade des prénoms des deux personnages principaux, l'ouvrière et le tueur, joués savoureusement par deux sujets belges, Yolande Moreau et Bouli Lanners. Toutefois la référence à la révolutionnaire communarde, citée au générique de fin, n'aura échappé à personne. Peut-être le film est-il lui-même communard : beaucoup de vin rouge avec un peu de cassis.
Ne pas rater les étoiles-invitées : Siné en maillot de corps, et Denis Robert, le journaliste qui a lancé l'affaire Clearstream, enfin rasé de près.
Crash-test :
16 janvier 2009
Brazil
Hallucinante vidéo de bons vœux concoctée par la préfecture de police de Paris, et trouvée sur le blog Bonne nouvelle. Si après ça, il y en a qui doutent encore que la nouvelle année sera bonne, c'est à désespérer.
15 janvier 2009
Comité de visionnage des matches de Ligue 1 de football dans le but de contribuer à leur amélioration dans la mesure où il y aurait lieu de le faire
Tout ça pour ça. La vidéo ! La vidéo ! La vidéo ! s'exclament les spécialistes du Picon-bière en sautant sur leur tabourets de comptoir comme des cabris. L'arbitrage vidéo gna gna gna on allait voir ce qu'on allait voir. Ah ben chapeau, on a vu ! Résultat du premier comité de visionnage, mis en place par la Ligue de football professionnel pour sanctionner a posteriori les mauvais gestes qui auraient échappé aux arbitres dans le feu de l'action après la vingtième journée de Ligue 1 : macache, zéro, nada, zilch, peanuts, que tchi, RAS. Rapport vide. Vierge. Néant. Allez hop, circulez, y a rien à voir !
Comme quoi un vrai arbitre avec deux bras deux jambes un sifflet et un nuancier Pantone® plein la poche, ça fait pas toujours que des conneries, et peut-être même qu'avec un peu de travail sur eux-mêmes, les présidents et entraîneurs de clubs professionnels pourraient vivre avec (sans forcément passer leurs vacances ensemble). Sans les remplacer par une coûteuse et débilitante machinerie. Mais vous connaissez déjà les opinions de notre rédaction des sports en la matière.
Ayons tout de même une pensée pour les malheureux trois membres (trois autres s'étaient opportunément fait porter pâles, pas fous) du comité ad hoc qui ont dû se fader, pour cause de terrains gelés, une douzaine d'heures de vidéo d'Holiday on Ice en crampons moulés pour en arriver à ce pitoyable résultat.
14 janvier 2009
Bienvenue chez le Che
Che - Première partie, l'Argentin de Steven Soderbergh.
Epopée mollassonne. La révolution cubaine vue depuis la jungle, de la rencontre de Castro et du Che jusqu'à la chute de la Havane.
Curieuse aventure, menée sur un faux rythme, où on a un petit peu l'impression qu'à ce tournant de l'Histoire, il ne se passe finalement pas grand chose. La partie guerilla dans la jungle, vécue par le Che, n'est qu'une collection d'anecdotes anecdotiques, un coup de fusil par ci, un coup de bistouri par là, sans grand lien entre elles, sans progression palpable, avec pour contrepoint idéologique une intervention du Comandante à l'ONU en 1964 en guise de commentaire tout au long du film.
Total, malgré la mise en scène qui excelle à rendre une atmosphère de bouillonnement tropical avec conviction, on n'aborde les événements ni sous l'angle historique, ni militaire, ni géopolitique, ni vraiment personnel non plus. Nulle romance enflammée pour faire pleurer. On ne s'emballe guère pour les personnages, et les seconds rôles sont d'ailleurs franchement laissés pour compte. Dommage pour les interprètes, Benicio del Toro excellent en Che, et Demian Bichir (vu dans Weeds) impressionnant en Fidel.
Finalement, on ressort sans bien comprendre, ni rien apprendre sur cette période a priori passionnante. Un comble. Mieux vaut avoir révisé son manuel d'histoire au préalable. Ah tiens, Ernest, ressers-moi donc plutôt un mojito bien tassé !
Crash-test :



