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Lucky Louie.
Une sitcom pas comme les autres. Ecrite produite et jouée par le délirant comique de stand-up Louis CK, voilà une petite famille de pauvres blancs déjantés de Boston où rien ne va, les fins de mois sont difficiles, et les amis sont tous dealers ou racistes ou juste crétins ou n'importe quelle combinaison des trois, mais de toute façon frustrés et malheureux. La série respecte les codes du genre, mais les pimente avec des enregistrements en public, donc des rires pour de vrai et pas en boîte, ce qui donne presque la saveur d'un vrai spectacle, et compense la mise en image banalement frontale. Mais les dialogues très bien écrits font mouche, et on meurt de rire de la meilleure façon qui soit, désespérée. HBO a sabré la série au bout d'une saison et treize épisodes, on se demande encore pourquoi. Trop la poisse, ce Louie.
The Riches.
Une autre série étasunienne à longévité réduite, la chaîne FX lui ayant tiré le tapis de sous les pieds après seulement sept épisodes de la deuxième saison. Deux anglais, Minnie Driver, qui se fait malheureusement rare, et Eddie Izzard, mon idole depuis qu'il m'a dédicacé une cassette d'un de ses spectacles, sont les figures de proue de cette création assez originale. Le célèbre travesti yéménite a d'ailleurs aussi écrit et coproduit la série. On y découvre stupéfait un aspect ignoré de la culture anglo-saxonne, avec cette famille de gitans irlandais (pas de lien de parenté avec nos romanichels à nous), gens du voyage qui usurpent l'identité d'une famille de bon gros bourgeois suburbains de Louisiane. Beaucoup de péripéties, pas mal d'humour, un zeste de drame, schizophrénie et critique sociale (à moins bien sûr que les deux termes ne soient synonymes), c'est assez bien vu. Je reviens à Driver et Izzard, sous-employés dans d'autres productions comme au cinéma, et qui, sans entraves, font ici une démonstration assez époustouflante de leurs talents d'interprètes.
Trust Me.
La première saison est en cours de diffusion, et ça y est je suis bêtement accro. Alors bien sûr, c'est pas excessivement malin, ça se passe dans le milieu de la pub contemporain à Chicago, et la critique est un peu courte, mais le rythme est là, les répliques sont calibrées au quart de poil, bref, c'est bien fait, bien joué, machin tout ça. En fait, l'intérêt caché de cette série réside dans les personnages des deux héros, binôme créatif en agence, rédacteur et graphiste, et, quoiqu'officiellement hétéros et tout, unis par une relation aussi trouble que celle qu'entretiennent Haddock et Tintin. Il ne manque que la Castafiore. A noter la réjouissante réapparition de Griffin After Midnight Dunne.
Skins.
Cette série britannique est à la fiction française ce que Damien Hirst est aux petits chats du calendrier des PTT, un abîme insondable d'audace et de modernité les sépare, la Manche. Le titre fait référence aux feuilles de papier à rouler, mais aussi aux apparences interchangeables d'une application informatique, ou encore aux couches de derme que l'on endurcit ou pas, bienvenue dans le monde des ados. Une brochette d'une dizaine de personnages, complètement à côté de leurs pompes, pendus à leur portable, le sexe à l'air la moitié du temps, confondant les drogues et la vie, l'amour et la gymnastique, persuadés d'entuber profs et parents et y parvenant, bref, des ados. C'est parfois nunuche, mais surtout très drôle, émouvant, à l'occasion un peu profond, comme des ados. L'extrême pertinence du propos n'est pas un hasard, puisque les scripts sont co-écrits par un père scénariste et son fils de vingt ans. Je me suis enfilé la première saison d'une traite tellement c'est bien. Y en a encore deux autres, et en plus, ils ont changé les personnages en cours de route pour éviter la routine et conserver un peu de fraîcheur. Que Dieu se fasse la reine ! Mais les anglais savent faire de la bon Dieu de télé.
Previously dans L'aloi des séries.
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