6 octobre 2008

Du beurre en broche

Aux Etats-Unis, la campagne présidentielle bat son plein. Et parallèlement la campagne vice-présidentielle battait presque son plein jusqu'à ce débat tant annoncé entre le démocrate Joe Biden, aka Gaston Lagaffe, et la républicaine Sarah Praline, aka Bécassine. Entre celui qui voyait le président Roosevelt à la télé en 1929, et celle qui veut nucléariser la Russie aussitôt au pouvoir. Soit dit en passant, on la regrettera drôlement, celle-là, quand elle aura perdu l'élection. J'avoue avoir jeté un œil sur ce débat décevant et soporifique. Mais si nulle gaffe, bévue, ni boulette n'avait égayé la confrontation, un petit détail avait attiré mon attention : chacun des deux candidats arborait bien en vue un drapeau américain en guise de décoration vestimentaire, et dans le cas de la Praline, une magnifique énorme broche scintillant de mille feux.

Et en fouillant le sujet sur le net, j'en ai découvert une bien bonne. Les medias étasuniens, au premier rang desquels bien sûr ceux qui ne font pas mystère de leur soutien indéfectible au camp républicain, ont fait leur beurre d'une histoire considérable : l'affaire du pin's. Passons sur le terme même de pin's qui est au franglais ce que le fusil à pompe de Sarah Praline est au contrôle des armes. Et concentrons-nous sur l'objet, le pin's bannière étoilée, dont la mode semble avoir été lancée par Double V après le 11 septembre 2001, suivi par toute son administration, avec l'air de dire "Ouais ben si tu portes de pas de pin's drapeau c'est que t'es pas un bon &@$%! patriote !".


Difficile après ça de faire de la politique ou même simplement de parler en public sans le petit pin's au revers de sa veste sans passer pour une couille molle vendue aux forces de l'axe du mal. C'est pourtant ce que Barack Obama a fait à partir de l'automne 2007, en disant que hé ho, ça commence à bien faire, et que si on mesure le patriotisme à ce seul accessoire, alors les Etats-Unis sont pas une nation très fute fute qu'il voudrait même pas être président en rêve et que si Ben Laden mettait le pin's alors il serait un grand patriote ou quoi ? (Enfin il l'a pas dit exactement comme ça, mais c'est ce que ça voulait dire). Et ça, bien sûr, les Fox et compagnie, ça leur a pas plu, et ils sont tombés sur Obama à bras raccourcis. En vain. Jusqu'à ce qu'Obama soit officiellement désigné candidat, et, comme gêné aux entournures, finisse par ressortir le pin's qu'il avait juré qu'il ne porterait plus, puis l'enlever à nouveau, puis le remettre. On sait plus trop. Quand il sera président, j'espère pour ses administrés qu'il se décidera plus vite en cas d'attaque nucléaire.

Notez que dans le même temps, John McCain, le héros de la guerre du Vietnam, ne porte pratiquement jamais le pin's à la con. Faut dire que personne ne met en doute son patriotisme, à lui. Avec tout le napalm qu'il a balancé sur la gueule des Viets.

5 commentaires:

Double toche a dit…

Entre Aka et Pin's, c'est quoi le plus naze ?

Provisus a dit…

Et en caleçon, ça marche ? http://www.webundies.com/images/fb075.jpg
Sinon il y a aussi les modèles pour enfants : http://www.patriot-mall.com/children.asp

vivie69, l'unique a dit…

on est bien dans la bonne rubrique , là.
très pédagogique sur l'idéologie des apparences patriotiques.

qui a dit que la propagande était un élément du totalitarisme?

tu crois qu'on pourrait faire une petite thèse d'histoire sur la place du pin's dans le choix du destin de la planète?

Hobopok a dit…

@Totoche : eh ben voilà, tel est pris qui croyait prendre, et tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse, and all that jazz...

@provisus : t'emballes avec ça ?

@vivie : peut-être si les traders portaient davantage de pin's et moins de bretelles...

vivie69, l'unique a dit…

oui ,ils deviendraient peut être oins nocifs, globalement.

je n'ose plus ouvrir un média( à part le tien) , de peur de me voir sauter à la figure , un de ses porteurs de bretelles , nouvel archange de l'apocalypse financière.