11 janvier 2009

Khmer d'alors

Un barrage contre le pacifique de Rithy Panh.

Du rififi dans les rizières. En 1931 au Cambodge alors colonie française, une veuve tente de survivre avec ses deux enfants ados précoces sur son lopin de terre en bord de mer régulièrement inondé par les marées. La famille se prête à bien des compromissions pour construire un barrage, sauver ses rizières et éviter la ruine. Un tableau qui se voudrait sans concessions de la société coloniale d'alors.

Malheureusement, Rithy Panh, le talentueux documentariste de S-21, la machine de mort Khmère rouge, s'emmêle passablement les baguettes dans la fiction. Quoiqu'à son fait avec le cadre ou le montage, on le sent mal à l'aise avec les dialogues, les comédiens, avec la mise en scène en général. Il n'est pas aidé par les jeunes interprètes, notamment celui du fils qui évolue à l'écran avec le naturel et la grâce d'un catcheur texan. Isabelle Huppert ne semble pas au mieux de sa forme non plus.

Tout sonne faux. Sur le fond, on nous assène avec lourdeur maximes et pensées bien senties sur la colonie. Sur la forme, on ne voit partout que les gros fils qui retiennent des personnages sans âme à leur manipulateur. Les acteurs déclament des vérités surgies de nulle part, et comble de ridicule, doivent parfois s'exprimer tout seuls à voix haute face caméra. Panh s'est imaginé qu'en adaptant un roman, on pouvait glisser leurs pensées dans la bouche des personnages... Je n'ai pas lu Duras mais ça donne pas envie.

Dernière séquence : 2007, la rizière florissante porte le nom de "rizière de la femme blanche"... Moyenne d'âge élevée dans la salle, j'étais sans doute le seul spectateur à être entré sans réduction carte Vermeil. Comme si l'évocation nostalgique des aspects positifs de la colonisation attirait les électeurs de qui vous savez.

Crash-test :

5 commentaires:

Jean-no a dit…

Khmers d'alors. Hmmm... Aaaargh. :-)

badou a dit…

Si, si, tu decrait lire le romande Duras. A mon avis, c'est son meilleur.
Badou.

l'inegalable vivie a dit…

on a bien lu duras en hypo , où t'es pas allé au bout des lectures , paresseux?

Isabelle Huppert aime bien aller parfois dans 'le difficile".. dommage que ça ne prenne pas.
j'avais eu envie d' aller voir ce film avant ton article ; mais , une seule étoile , c'est la déprime totale.
Essaie de nous voir quelque chose qui nous motive , diantre!

Allez , on reverra "indochine"?

Hobopok a dit…

Voilà, dans un autre genre, Indochine au moins avait du souffle, des comédiens, et peut-être un budget un petit peu supérieur aussi.

l'inegalable vivie a dit…

ouais, un beau film avec du souffle . c'est ça.. une certaine élégance , une âme quoi ..

oui le budget a du jouer . on a rien sans rien ..

Huppert aime bien jouer la carte du "chevalier de la culture hard "et des défis intorchables, des bonnes causes et du "mérite." Deneuve est plus glamour, plus star( juste parès un bon lifting dans Indochine..).
Elle est certainement aussi plus riche ( financièrement).

Mais parfois , le glamour a du bon .. Rêver au ciné , c'est encore sympa et donc une bonne intention pour le spectateur.