16 février 2009

Vol au dessus d'un nid de prolos

Ricky de François Ozon.

Manuel de puéraviculture. Une pauvre ouvrière mère célibataire se fait engrosser par un travailleur immigré aux gènes pas très clairs et donne naissance à un bambin qui très vite se sent pousser des ailes, et quitte prématurément le nid familial. L'anti Tanguy. Le film finit par un mariage cinématographique improbable, celui de la veine sociale et du fantastique.

On démarre sur un ton réaliste naturaliste, banlieue glauque, appartement ruiné, boulot de merde, misère sociale mais dignité humaine, et insensiblement, on bascule petit à petit dans le surnaturel le plus ridicule qui soit, sauf que comme par miracle, les interprètes aidant (formidable Alexandra Lamy d'Un gars, une fille), Ozon parvient à nous faire accepter tout doucement cette histoire invraisemblable de bébé pas comme les autres qui finit dans l'abracadabrantesque mais sans faire pschiiitt. Ça n'est finalement pas désagréable d'être ainsi pris à contre-pied et quelque peu désarçonné, interloqué, avec pas mal de blancs à remplir.

Reste à savoir ce qu'on a essayé de nous raconter, par le biais de cette métaphorique parabole, à moins que ce ne soit le contraire, et là je suis plus circonspect. Peut-être Ozon a-t-il passé sa jeunesse à fumer la moquette en écoutant Michel Fugain à fond sur son mange-disque : "Fais comme l'oiseau, ça vit d'air pur et d'eau fraîche, l'oiseau, et jamais rien ne l'empêche, l'oiseau, d'aller plus hauuuuuut !". Ou bouffé des space cookies en ouvrant la cage aux oiseaux. Ou alors c'est le fils caché de Marie Myriam. Je suis très circonspect.

Crash-test :

4 commentaires:

Glorb a dit…

Je n'ai vu que la bande annonce, mais j'ai l'impression de retrouver le ton de sitcom où tout dérivait lentement sans qu'on comprenne vraiment pourquoi.
Je trouve assez plaisant de se faire emmener par le réalisateur dans des directions (à priori) improbables.

Hobopok a dit…

Oh c'est pas vraiment le ton de sitcom au début, c'est très cru, très réaliste, avec des caméras toujours bien placées, et un montage habile, avec des plans qui durent un peu, mais Ozon a du savoir-faire pour sortir quelque chose avec ce scénario invraisemblable.

Glorb a dit…

ça donne envie :)

La Télégraphiste a dit…

Moi c'est ce que j'aime bien chez Ozon, c'est qu'il n'est jamais là où on l'attend... Et avec un sujet aussi casse-gueule il s'en sort pas si mal comme tu le dis mon cher boubounet...