6 août 2008

Numéro complémentaire

The Number 73304-23-4153-6-96-8 de Thomas Ott.

Zep n'est pas le seul nom de la BD suisse, il faut aussi compter avec Thomas Ott, grand maître zurichois de l'horreur sur carte à gratter. Encore un gars qui ne rechigne pas à l'ouvrage, parce si ses livres se comptent sur les doigts des deux mains, c'est notamment qu'il doit passer un sacré bout de temps à s'échiner sur chaque bon Dieu de dessin.

Ses histoires, inexorablement muettes, souvent courtes, sont toujours un peu horribles : il ne peut pas s'empêcher de dénicher chez l'homme ce qu'il y a de plus vil, et même quand ça démarre mal, tout ne peut ensuite qu'empirer. Autant dire que sa vision assez noire fait bon ménage avec son graphisme de maniaque du clair-obscur.

J'avais eu le plaisir de croiser ce clone helvétique de Tom Waits lors d'un raout chez les Sudafs de Bitterkomix : un grand rocker placide, limite un peu timide, et pas fier pour deux sous, dont la seule coquetterie étaient ses chemises savamment brodées selon des motifs qu'il avait lui-même dessinés. L'affidavit ci-dessous atteste de ma bonne foi (les esprits sagaces auront reconnu une dédicace, pas une chemise).


Si j'ai acheté l'édition américaine, pour des raisons bassement financières, il semblerait que tous ses livres soient désormais co-édités par Fantagraphics aux Etats-Unis, l'Association en France, et Edition Moderne en Suisse.

Avec The Number, Ott donne un récit en longueur centré autour, je vous le donne en mille, d'un numéro, qui va rythmer les pages par ses apparitions graphiques tour à tour bénéfiques puis franchement calamiteuses, avec la mort en guise de ponctuation finale. Je ne sais s'il faut y voir de la facilité, ou au contraire une brillante construction, une apologie ou plutôt une critique ironique de la numérologie, mais en tout cas le livre est diablement efficace. Plusieurs lectures sont recommandées pour mieux apprécier les dessins.


Y a des jours comme ça où on regrette un peu d'avoir choisi un fond de page blanc pour son blog. Trop les boules.

19 commentaires:

Glorb a dit…

Si tu voulais gratter ton blog c'est sûr que ça marchera moins.

Ce bouquin est en effet fabuleux et c'est amusant de voir que les dessins son superbes même en taille réduite.

(sinon, y aussi frederik peeters, wazem, ibn-al-rabin, et j'en oublie des millions surement, en suisse)

Totoche Tannenen a dit…

Tiens ? Ils font de la BD aussi en Suisse ?

Totoche Tannenen a dit…

Ouf, Hobopok est rentré, je vais pouvoir souffler un peu ...
J'ai des heures de sommeil à rattrapper avec toutes ces conneries.
(je prends les devants et précise aux petits malins que non, je ne voulais pas dire par là que je passais de folles nuits avec Hobopok)

Hobopok a dit…

>Glorb : on voit par là les limites du support électronique.

>Totoche : m'enfin !

Dites, les aminches, c'est juste moi, ou est-ce que Blogger s'est mis à parler anglais à tout le monde tout d'un coup ?

Hobopok a dit…

> Glorb : sans bien conna^tre leur travail, j'aurais pris Wazem et Peeters pour de bon balges normaux. Quant à Ibn Al Rabin, je ne connaissais pas du tout, j'ai vu son site et n'y ai pas compris grand chose, et il ne me paraît pas démesurément célèbre.

Ce que je voulais dire, avec mes mots à moi, c'est que hormis Zep, Ott me paraît placé assez haut sur le podium actuel de la BD suisse. D'autant plus étonnant, vu qu'Alémanique, il ne provient pas de cet appendice francophone baigné de culture BD franco-belge.

D'autres développements sur la BD suisse ?

Totoche Tannenen a dit…

By Jove ! What the hell ... You're right !
Certainement encore une machination de ce bloody bastard d'Olrik !

Fuck your Nurse.

Ronan a dit…

Oui,
Il faut que tu lises le Lupus de Peters (Les pilules bleues, c'est moins intéressant amha). il est à la médiathèque de l'autre coté du pont. De la SF intelligente et bien plus mieux que Biotope (enfin non, j'ai pas dis ça).

Anonyme a dit…

Peeters, pardon.

Glorb a dit…

Sur la BD Suisse, à lire le très sympa Bile Noire 10x10, numéro de la revue du même nom, édité par l'excellente maison d'édition Atrabile, une compil plutot pas mal, avec Wazem, Ruper et Mulot, Peeters, ibn-al-rabin, baladi, Graham Annable (qui fait des supers films d'animation sur son blog). A noter que tous ses auteurs ne sont pas nécessairement suisses.

Ibn-al-rabin, j'ai jamais accroché. Mais c'est pas un total inconnu.

Que dire de plus sur la bd suisse ? Un gros salon BD-Fil de Lausanne. Voila, je crois que j'ai dit à peu près tout ce que je savais.

Chez Peeters y a rien à jeter, sur une île déserte il faut tout em, por, ter.

Thomas Ott je le pensais complètement allemand. EN tout cas quelle classe de pouvoir signer T.OTT quand on est dans la BD sombre tendance macabre.

Hobopok a dit…

Lacanisme germanique. Prédisposition au désespoir.

Li-An a dit…

Ben et Cosey alors ? Et Roosevelt (bon d'accord, je retire) ?
Oui, bon Peters c'est pas mal, mais ça ne me réveille pas la nuit non plus (dans Lupus, il y a un côté bobo plutôt agaçant).

Totoche Tannenen a dit…

Oui, bon, de Töpffer à Macchia, en passant par Buche, Derib, Ceppi, Mix et Remix, chacun devrait trouver son bonheur ...
Finalement, ils sont plus nombreux qu'à La Réunion :-)

Hobopok a dit…

Mix et Remix, j'adore, mais ce n'est quand même pas de la BD. Pourquoi pas Chapatte, pendant qu'on y est. Quant à Ceppi, là encore : mince alors !

Merci à tous pour vos éclaircissemets et précisions. L'office du tourisme vient de m'offrir une semaine à Gstaad.

Ronan a dit…

Faut pas non plus voir du bobo partout jean mimi ! Cela dit, tu n'as pas complètement tort sur le coup... (est-ce que ce ne serait pas ce côté bobo-pompage-de-Blutch qui m'avait agacé dans Pilules Bleues ?) Mais Lupus mérite quand même un coup d'oeil. Le premier volume est vachement bien senti et équilibré.

vivie a dit…

ET oui , aucune couleur de fond n'est idéale.

tu peux changer en cours de route?

Hobopok a dit…

C'i poussible.

vivie69 a dit…

mais tout considère le blanc plus " classe"?

Totoche Tannenen a dit…

Bon sang, mais c'est bien sûr !!!
Je n'aurai mis que 2 semaines pour comprendre la méga private joke du titre de la mort qui tue (au 3e degré).
Trop fort :-)

Hobopok a dit…

Y a toujours une deuxième couche. A l'intérieur.