13 septembre 2008

Bonne fête Momo

C'est pas encore la Sainte-Edvige, mais apparemment, c'est un petit peu la Sainte-Anastasie, en ce moment. Non, je déconne, en vrai c'est la fête à Anastasie tous les jours.

En fait c'est surtout qu'après avoir laissé parler mon cœur dans l'affaire Fouad Mourtada (eh oui, j'en vois plus d'un surpris, c'est comme ça, moi aussi, j'ai un cœur, et qui bat à gauche, encore), je me sens obligé de ne pas passer sous silence cette nouvelle nouvelle consternante qui nous vient du Maroc : un blogueur marocain, Mohamed Erraji, a été condamné lundi à deux ans de prison ferme.

Ça lui apprendra. Ce goujat avait écrit (je cite, qu'on me pardonne, un concurrent gothique du web) : le roi "encourage le peuple à la paresse". Il y critiquait la politique "d'assistanat" pratiquée, selon lui, par le souverain marocain, et citait une anecdote d'après laquelle Mohammed VI, se promenant en ville, aurait fait cadeau d'une "grima" (licence d'exploitation d'un taxi) à un homme qui avait réussi à l'approcher et avait chanté ses louanges. Dénonçant cette attitude "de mendiant implorant la charité du glorieux trône", et l'absence, au Maroc, de "loi égale pour tous", Mohamed Erraji affirmait que ses pairs en sujétion n'avaient plus "qu'à ajourner leurs rêves d'un Maroc de justice et d'égalité des chances". Fin de citation.

Non mais attends ! Et puis quoi encore ? Il voudrait pas aussi un cybercafé en libre-service au palais royal ? Une corne de gazelle offerte à tout visiteur ? Ou des tours de jet-ski gratos avec M6 ? Allez hop, deux ans au frais. T'as trop pas de bol, mon gars, on a fermé Tazmamart. Y a avait pas le wifi.


Et voilà, encore une fois, pas le temps d'écrire ces lignes, Mohamed Erraji est libéré (jeudi dernier) sous caution, et surtout à l'initiative du seul parquet... Qu'on ne t'y reprenne plus mon garçon, rentre chez toi, et attends sagement ta future nouvelle convocation en appel devant notre juste justice, et joue à WoW en attendant. Bon, encore quelqu'un qui moufte dans ce royaume ? On ne compte pas les touristes bien sûr...

Ah, je lis ça, ben voilà, j'ai la barbe qui pousse.

4 commentaires:

Li-An a dit…

J'ai la barbe qui pousse dans le mauvais sens ? Qu'est-ce que c'est que cette expression ?
Ah, le Maroc, ses plages, ses hôtels... Au moins je sais pourquoi je ne suis pas tenté d'y passer mes vacances.

Hobopok a dit…

Ah tu peux toujours aller en Tunisie, sinon, t'as le choix...

Totoche Tannenen a dit…

En Egypte, le blogueur Kareem a été libéré en juin 2008 après 73 jours de tôle.

http://www.rsf.org/article.php3?id_article=27062

vivie69 a dit…

c'est dingue le temps qu'ils perdent dans ces pays à passer au filtre " du politiquement correct" , tous les propos des gens.

ils n'ont pas d'autres problèmes à régler les fonctionnaires de la police marocaine.

il est vrai que le contraste entre le bon roi moderne et le "paranoïaque" grandit.


barbe de l'intégrisme , dégouté de la version de " libertés locales"?