6 avril 2008

L'arrivée

The Arrival de Shaun Tan.

L'auteur de cette BD est un jeune Australien d'origine chinoise, qui, malgré de stupéfiantes qualités graphiques s'était fait remarquer surtout par sa discrétion de violette, jusqu'à l'obtention du prix du meilleur album au dernier festival d'Angoulême. C'était fin janvier, autant dire que c'est pas frais frais mais je viens seulement de le lire.

Dargaud l'a publié en France, traduisant assez audacieusement le titre par Là où vont nos pères. Mais je l'ai acheté en anglais, moitié par snobisme, la couve de l'édition américaine me paraissant plus joliment chiadée, moitié par avarice, revalorisant ainsi mon pouvoir d'achat de quelques précieux centimes. Non pas que ça fasse une telle différence de toute façon vu que le livre est parfaitement muet, et à cet égard chaudement recommandé aux analphabètes. Et en un sens ça vaut mieux parce que si Dargaud avait dû traduire cent pages d'anglais avec la même fougue, Shaun Tan pourrait toujours l'attendre, son prix d'Angoulême.


Car s'il y eut un prix mérité sans contestation, ce fut bien celui-là. Shaun Tan porte le récit purement graphique à un niveau de sophistication qui n'a d'égale que son apparente simplicité. D'autant plus méritoire pour un illustrateur de formation, corporation souvent mal à l'aise dans la bande dessinée. Mais sans doute l'auteur a-t-il laissé parler son cœur et ses tripes, lui le fils d'immigrés, pour coucher sur le papier cette histoire incroyablement émouvante de déracinement, d'immigration, de regroupement familial, dont un exemplaire ferait bien de se trouver sur la table de chevet de Brice Hortefeux.


Le graphisme est un subtil mélange de réalisme, pour partie d'après photos, et d'onirisme chargé de nostalgie. Des dessins d'une grande minutie qui peuvent être regardés ou lus souvent à plusieurs niveaux. Et pour un livre sans paroles, ça ne se lit pas si vite que ça, tant la beauté de chaque dessin arrête l'œil, interpelle, et plonge l'esprit dans de nouvelles profondeurs de réflexion.

A mon avis ce grand livre pourrait bien faire date.

6 commentaires:

vivie69 a dit…

tiens , je vais offrir ça à mon fils pour son anniv..

le dessin me fait penser à Hugo, même si ce n'est pas du tout la même époque, ni le me^^em coup de crayon. les tons , l'atmosphère ..

ça m'a l'air très beau .

Sinon , tu en as presque parlé . tu as dit " Brice Hortefeux" .. un coup de canif dans le contrat ?


lol : il faut parler de ce qui nous touche , sans quoi , plus rien n'a de saveur.

Hobopok a dit…

Tu ne veux sans doute pas parler de Hugot l'auteur de Pépé malin ?

vivie69 a dit…

non non , non de Victor Hugo , qui dessinait à ses heures.; je suis parfaitement nulle ne référence de BD.

Hobopok a dit…

Je blaguais bien sur. Cela dit Hugo Victor a eu plus de succès pour ses écrits que pour ses BD.

vivie69 a dit…

certes..

Li-An a dit…

J'aime bien son boulot d'illustrateur mais là, ça pue trop la photo. Pourtant le thème et le traitement m'ont intéressé...